La retraite des fonctionnaires
Le calcul de la pension d'un fonctionnaire ne ressemble pas à celui d'un salarié du privé : une seule référence de traitement, un taux de 75 %, une durée de services. Et des pièges spécifiques, surtout pour les carrières mixtes.
Le montant de la pension
La pension d'un fonctionnaire titulaire (État, territoriale, hospitalière) est calculée sur le traitement indiciaire brut — hors primes — détenu depuis au moins six mois au moment du départ. Elle peut atteindre 75 % de ce traitement pour une carrière complète (80 % avec les bonifications). Si votre échelon, votre grade ou votre emploi a changé au cours des six derniers mois, c'est le traitement antérieur qui est retenu : le calendrier d'un dernier avancement se prépare.
Les primes, qui représentent souvent 20 à 30 % de la rémunération, ne comptent pas dans cette pension. Elles alimentent un régime additionnel par points, la RAFP, dans la limite de 20 % du traitement.
La durée de services et la durée d'assurance
Deux notions cohabitent. La durée de services (années effectuées comme fonctionnaire, y compris les bonifications) détermine le pourcentage de pension : 75 % divisé par le nombre de trimestres exigés pour votre génération, multiplié par vos trimestres de services. La durée d'assurance tous régimes (services + périodes privées + trimestres assimilés) détermine, elle, si vous subissez une décote ou bénéficiez d'une surcote.
Le nombre de trimestres requis est aligné sur celui du privé : de 167 à 172 selon votre année de naissance, et l'âge légal suit le même calendrier, y compris la suspension du relèvement entrée en vigueur le 1er septembre 2026. Les agents de catégorie active (policiers, aides-soignants, sapeurs-pompiers, etc.) conservent un âge d'ouverture des droits abaissé, de 52 à 59 ans selon la génération et le corps.

La décote
Si vous partez avant l'âge d'annulation de la décote (67 ans pour la catégorie sédentaire) sans réunir la durée d'assurance tous régimes, votre pension est minorée de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. Le nombre de trimestres manquants retenu est le plus faible entre ceux qui vous séparent de la durée requise et ceux qui vous séparent de l'âge d'annulation. La pension étant déjà proratisée sur la durée de services, une carrière courte dans la fonction publique est doublement pénalisée.
La surcote
Chaque trimestre effectué au-delà de l'âge légal, une fois la durée d'assurance requise atteinte, majore la pension de 1,25 %, sans plafond. Comme dans le privé, six mois de plus peuvent valoir davantage qu'un rachat d'années d'études.
Les pièges des carrières mixtes public-privé
- Services de contractuel avant titularisation : ils relèvent du régime général et de l'Ircantec, pas de la pension de fonctionnaire. Leur validation, quand elle était possible, devait être demandée dans un délai précis.
- Moins de deux ans de services : vous n'avez pas droit à une pension de fonctionnaire ; vos droits sont rétablis au régime général et à l'Ircantec, et ce transfert est souvent mal reporté.
- Bonifications pour enfants : les règles diffèrent selon que l'enfant est né avant ou après 2004, et selon que vous avez interrompu ou réduit votre activité. Elles sont fréquemment oubliées, surtout pour les pères.
- Périodes à temps partiel : comptées intégralement pour la durée d'assurance, mais au prorata pour la durée de services — sauf surcotisation.
Fonctionnaire, ou fonctionnaire puis salarié du privé ?
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Faire vérifier ma carrière — 199 € Voir un exemple de bilanInformations à jour au 5 septembre 2026. Sources : Service des retraites de l'État, CNRACL, service-public.gouv.fr.
