Aller au contenu

La retraite des expatriés et des carrières internationales

Les années passées à l'étranger sont celles qui manquent le plus souvent sur les relevés de carrière. Elles ne sont pas perdues — à condition de savoir à quel titre vous avez travaillé, dans quel pays, et quelle règle s'applique.

Détaché ou expatrié : la distinction qui change tout

Le salarié détaché est envoyé temporairement à l'étranger par son employeur français et reste affilié à la Sécurité sociale française, y compris pour la retraite de base et la complémentaire Agirc-Arrco. Ses années à l'étranger apparaissent donc normalement sur son relevé, comme s'il avait travaillé en France. Conditions : un contrat de travail avec une entreprise établie en France, une mission temporaire, une rémunération versée par l'employeur français. La durée maximale du détachement dépend du pays (24 mois dans l'Union européenne, prolongeables ; jusqu'à 3 ans renouvelables une fois hors convention), au-delà de laquelle vous basculez dans le régime local.

Le salarié expatrié, lui, est recruté localement ou sort du cadre du détachement (durée dépassée, entreprise n'ayant pas opté pour le détachement, embauche directe par une société étrangère). Il cotise au régime de retraite du pays d'accueil et n'acquiert plus de droits français — sauf s'il adhère volontairement à la Caisse des Français de l'étranger (CFE) pour la retraite de base, et aux régimes complémentaires via la CRE-Ircafex (extension territoriale demandée par l'entreprise, ou adhésion individuelle).

Caisse des Français de l'étranger

Comment vos années à l'étranger sont prises en compte

Tout dépend du pays :

  • Union européenne, Espace économique européen, Suisse, Royaume-Uni : les règlements de coordination s'appliquent. Chaque pays verse sa propre pension pour les périodes cotisées chez lui, mais les périodes sont totalisées pour vérifier vos conditions d'ouverture de droits et calculer le taux. Vous déposez une seule demande, dans votre pays de résidence, qui la transmet aux autres.
  • Pays lié à la France par une convention bilatérale de Sécurité sociale (États-Unis, Canada, Québec, Maroc, Algérie, Tunisie, Japon, Corée, Brésil, Inde… une quarantaine au total) : un mécanisme voisin de totalisation existe, avec des règles propres à chaque convention.
  • Pays sans convention : vos périodes n'entrent dans aucun calcul français. Vous devez faire valoir vos droits directement auprès du régime local, souvent avec une condition de durée minimale, ou avoir cotisé à la CFE.

Dans tous les cas, ces périodes ne « remontent » pas automatiquement dans votre relevé français. Il faut les déclarer, les justifier et les faire enregistrer — un travail de reconstitution qui demande contrats, bulletins, attestations de l'organisme étranger, parfois traduits.

Les erreurs que nous rencontrons le plus souvent

  • Un détachement enregistré comme une expatriation, et des trimestres français « oubliés » alors qu'ils ont été cotisés.
  • Des périodes européennes jamais signalées à l'Assurance retraite, qui n'a donc pas déclenché la coordination.
  • Une adhésion CFE ou CRE-Ircafex dont les points n'ont pas été reportés.
  • Un départ demandé en France seulement, sans demande simultanée auprès du régime étranger.

Vous avez travaillé à l'étranger ?

Les périodes hors de France sont les plus souvent absentes des relevés de carrière : conventions à activer, caisses étrangères à contacter, régime des expatriés ou des détachés à distinguer. Notre bilan reconstitue ces années et fait valoir vos droits, pour 199 € tout compris.

Reconstituer ma carrière — 199 € Poser une question

Informations à jour au 5 septembre 2026. Sources : CLEISS (Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale), Assurance retraite, CFE.